son casque sur ses oreilles, elle observait le paysage défiler devant ses yeux derrière la fenêtre de son bus. il était à peine 22 heures, le soleil venait de se coucher, et malgré son apparence apprêtée, ses talons hauts et son maquillage encore impeccable, c'était pour elle la fin de la soirée, là où celle de bien d'autres commençait.
une séance de cinéma, pour voir un film pas si terrible, et un verre dans un bar populaire, pas très cher — et évidemment, pas forcément terrible non plus. tant pis pour le repas, elle mangerait le lendemain matin.
le bruit des basses résonnait dans son casque, sûrement juste assez fort pour que son voisin d'à côté l'entende. c'était peu prudent, oui, mais elle n'en n'avait rien à faire. elle était plus occupée à essayer de calmer son cœur qui se serrait alors qu'elle pensait à ceux qu'elle venait de quitter, qui faisaient partie de ceux pour qui la soirée débutait à peine ; elle pensait à lui, et son cœur se serrait alors qu'elle contemplait le canal, le parc et les routes qu'elle avait si souvent faites avec lui, ce chemin qui lui était familier à présent, à force de l'accompagner, de le rejoindre après les cours ou de lui apporter à manger.
ce n'était que temporaire, évidemment. elle allait le revoir, ils ne s'étaient pas séparés ; elle allait tous les revoir, oui. mais quand ?